Découvrir les cascades de la Huasteca Potosina

Le Mexique est un grand pays avec de nombreux paysages magnifiques. L’une de ses régions est particulièrement connue pour ses rivières et ses cascades : la Huasteca Potosina. C’est un coin apprécié des Mexicains pour leurs vacances, mais il n’est pas encore très connu des voyageurs étrangers.

Caroline a découvert cette région il y a quelques années et voulait absolument y retourner. Nous en avons donc fait la dernière destination de notre grand voyage.

Arriver à la Huasteca Potosina

Pour commencer, il faut savoir que la Huasteca Potosina est une grande région à visiter. Tous les points d’intérêt sont éloignés les uns des autres et il n’y a pas de grande ville dans le coin. La ville la mieux située pour faire un point de départ est Ciudad Vallès. Cependant, il est également possible de trouver des tours partant de San Luis Potosí, la capitale de l’État du même nom.

San Luis Potosi

Pour nous rendre à Ciudad Vallès depuis Guanajuato, nous avons été obligés de passer par la ville coloniale de San Luis Potosí. Nous avons donc décidé de prendre une journée pour visiter la ville. Nous nous sommes baladés dans le centre historique, au milieu des bâtiments coloniaux. La balade était agréable mais nous avons ressenti comme un déjà vu. Cela s’explique facilement quand on sait que nous avions visité les semaines précédentes quelques-unes des plus belles villes coloniales du Mexique (Guanajuato, Oaxaca, Puebla, San Cristóbal de las casas).

Cela étant dit, nous avons adoré visiter le Museo Nacional de las Máscaras. Il présente une collection de masques venant de toutes les régions du Mexique. L’exposition nous donne ainsi un aperçu de la grande variété de traditions que l’on trouve dans le pays. À noter que si vous souhaitez prendre des photos dans le musée, il faut payer un petit extra à l’entrée.

San Luis Potosì musée masque
Certains sont drôles, d’autres sont effrayants : On trouve des masques pour tous les goûts !

Une autre chose que nous avons appréciée dans cette ville est la nourriture (comme à peu près partout au Mexique !). Nous avons gouté les enchiladas potosinas et le pozole, une sorte de soupe. Les premières étaient délicieuses, comme des petits tacos épicés, mais la soupe nous a moins convaincus.

Huasteca Potosina nourriture
Une des meilleures choses au Mexique, quelle que soit la région, c’est la nourriture.

Ciudad Valles: Le centre de la Huasteca

Nous avons décidé de faire de Ciudad Vallès la base d’où partiraient nos explorations de la Huasteca Potosina. Nous avons abandonné l’idée d’un voyage nomade car nous arrivions à la fin de notre grand voyage et étions fatigués. De plus, nous cherchions tous les deux du travail pour après notre retour. Nous voulions donc nous assurer d’avoir une connexion internet correcte si nous devions prévoir un entretien.

Lorsque nous sommes arrivés dans la ville, il ne faisait que 13°C. Nous étions surpris car il nous semblait que c’était une région avec un climat chaud et du soleil toute l’année. C’était un peu décevant sachant qu’on était venu dans l’espoir de passer les prochains jours à nager dans les rivières et sous les cascades. Le jour suivant, notre chauffeur nous a expliqué que cette baisse soudaine de température n’arrive que deux ou trois jours par an. Nous avons juste été malchanceux ! Évidemment, cela ne nous a pas empêché de profiter à fond de cette excursion. Nous n’avons pas manqués de passer quelques jours très agréables.

Se déplacer dans la Huasteca

Il existe différentes manières de se déplacer dans la Huasteca Potosina. On peut, par exemple, louer une voiture, prendre un taxi ou un bus, ou encore se joindre à un tour organisé. Très vite, nous avons vu que louer une voiture coûtait à peu de chose près le même pris que réserver un taxi sur la journée. Cela implique évidemment une petite séquence de négociations avec le chauffeur de taxi. Comme tous les lieux que nous voulions visiter étaient à au moins deux heures de route, nous avons décidé de nous déplacer en taxi et en bus. Nous n’avons pas l’habitude de conduire sur de long trajet. Cette solution nous permettais ainsi de profiter à fond de chaque lieu sans nous fatiguer. Tous les tours organisés que nous avions pu trouver étaient trop chers, ou alors n’allaient pas dans les lieux qui nous intéressaient.

Jour 1 : Les cascades autour d’El Naranjo

Pour notre premier jour, nous avons réservé un taxi pour explorer les cascades autour de la municipalité d’El Naranjo. Il faisait froid le matin. Cela ne nous a pas empêché d’être optimiste et de prendre nos maillot de bain, même s’ils n’ont pas été utiles au final.

Après deux heures de route, nous commençons la journée avec le mirador El Meco. On y trouve un très joli point de vue sur de larges cascades. L’eau tombe dans plusieurs bassins d’une profonde couleur turquoise. Ernesto, notre chauffeur de taxi, nous apprend qu’en remontant la rivière de quelques kilomètres, l’eau sera assez chaude pour que l’on puisse s’y baigner.

cascades Meco
Le point de vue sur les cascades d’El Meco donne un bel avant-goût de ce que la Huasteca peut nous offrir !

Ernesto nous conduit alors aux cascades d’El Salto. Il s’agit d’un endroit connu qui se remplit assez vite quand il y a du soleil. Mais ce jour-là, nous avons le lieu pour nous tout seul. La cascade principale est réduite à un simple filet d’eau car presque toute l’eau est redirigée vers la centrale hydroélectrique d’à côté. Heureusement, nous ne venions pas seulement pour la cascade. Nous marchons au milieu de bassins naturels remplis d’une eau parfaitement transparente et chaude. Cependant, même si l’eau est aussi chaude que promise par notre chauffeur, l’air était encore trop froid pour nous convaincre de plonger dans les bassins.

el salto cascades
les bassins naturels se remplissent avec l’eau de la cascade d’El Salto, fortement réduite à cette période de l’année.

Nous revenons au taxi bien plus tôt que prévu, aussi Ernesto propose d’ajouter un arrêt dans la ville d’El Naranjo. Il nous conduit à une belle aire de pique-nique où la rivière passe au milieu de la ville. Avec un peu plus de chaleur, cela aurait été un autre super coin pour piquer une tête.

En début d’après-midi, nous décidons de nous diriger vers les cascades de Minas Viejas. Nous y croisons plus de visiteurs et il nous faut payer un petit droit d’entrée. Pour arriver aux pieds des cascades, nous descendons un chemin de terre. Ici aussi on retrouve des bassins naturels avec une eau turquoise. Ce jour-là seulement deux personnes sont assez courageuses pour aller dans l’eau. Mais on s’imagine très bien que ça peut vite devenir bondé habituellement. En remontant, nous prenons un détour un peu glissant dans la forêt pour arriver à un mirador avec une magnifique vue plongeante sur la cascade.

cascades Minas Viejas
C’est vraiment dommage que le temps ne nous ait par permis de nous baigner dans les bassins de Minas Viejas.


Finalement, nous faisons notre dernier arrêt de la journée aux cascades de Micos. Là, nous avons le choix entre se baigner ou faire un tour sur une petite barque. À cause du temps, nous ne faisons aucun des deux. Nous marchons juste tout autour en profitant de la vue.

À la fin de la journée, nous revenons un peu frustrés à cause du temps. Mais nous prenons conscience que, parce que nous ne nous sommes pas baignés, nous avons eu le temps de visiter bien plus de lieux en une seule journée. Et les cascades et bassins turquoise sont aussi beaux à regarder dans l’eau qu’en dehors.

Jour 2 : Tamasopo et Puente de dios

Pour cette deuxième journée, nous décidons de prendre le bus pour le Balneario de Tamasopo. Nous arrivons là-bas tôt le matin, comme à notre habitude… En attendant que l’air se réchauffe, nous faisons le tour des lieux. Encore une fois, le lieu est rempli de bassins naturels. Par contre, ici le courant devient vite fort. Aussi il faut porter des gilets de sauvetage dans la plupart des bassins. Dès que nous avons assez chaud pour aller dans l’eau, nous courrons vers le seul bassin où les gilets de sauvetage ne sont pas obligatoires. Nous n’étions pas disposés à en louer dès le matin.

Tamasopo cascades
Le bassin le plus calme de Tamasopo, le seul où l’on peut se baigner sans gilet de sauvetage.

Après avoir exploré le balneario en long, en large et en travers, nous marchons jusqu’à la petite ville de Tamasopo. Nous y déjeunons rapidement avant de prendre un taxi pour notre prochain arrêt : Puente de Dios. Là, les gilets de sauvetage sont obligatoires car les courants forts sont partout. Afin d’avoir la meilleure expérience, ici il faut absolument aller dans l’eau. Heureusement, le soleil était de retour !

Puente de dios
Dès que le soleil pointe son nez, nous sautons dans l’eau !

À peine les gilets de sauvetage enfilés, nous sautons dans un énorme bassin naturel. Nous nous agrippons à une corde et nous nous laissons guider jusqu’à une fissure dans la roche. Tout à coup, nous entrons dans une grotte dont la seule illumination a l’air de venir de l’eau elle-même. À la fin de la cave, la rivière ressort au milieu de grosses roches qui sont parfaites pour se laisser bronzer. Malheureusement, nous devons écourter notre séance de bronzage car une abeille décide de se suicider sur la cuisse de Caroline. Ou alors Caroline s’est assise sur une abeille. Quoi qu’il en soit, elle retourne vite dans l’eau pour anesthésier la piqûre.

Puente de dios entrée
Pour entrer dans la grotte du Puente de Dios, nous laissons la corde nous guider vers l’aventure.

L’endroit est tellement agréable que nous sautons et traversons la cave plusieurs fois d’affilée. D’une certaine manière, le lieu nous rappelle les cenotes que nous avons visités dans le Yucatán. À la fin de la journée, nous commençons à marcher pour retourner à pied à la ville de Tamasopo et y prendre un bus. Mais au final, un couple de Mexicains que nous avons rencontré entre deux sauts propose gentiment de nous ramener.

Jour 3 : pagayer vers les cascades de Tamul

Pour notre troisième jour d’excursion nous décidons de ne faire qu’une chose : pagayer jusqu’aux cascades de Tamul. Pour s’y rendre il n’y a aucun bus. Comme très peu de voitures ou taxi passent par là, nous décidons de prendre un taxi pour la journée. Nous évitons ainsi le risque de nous retrouver perdu au milieu de nulle part. Ernesto, notre chauffeur favoris, accepte de nous emmener.

Une fois arrivé au dernier petit village avant les cascades, les propriétaires des barques nous arrêtent. Ils nous expliquent que les barques, appelées lanchas, peuvent prendre jusqu’à 8 personnes (plus le guide et le propriétaire de la barque). Le prix est fixé par lancha et non par personne. Sachant cela, nous décidons d’attendre que d’autres personnes arrivent pour former un groupe et réduire les coûts.

Bien sûr, les propriétaires des lanchas ne sont pas très heureux de notre idée. Ils se gardent bien de prévenir le groupe suivant que nous pouvons nous joindre à eux pour réduire les coûts. Finalement, Paolo va se poster à côté de celui qui donne les explications. Il a bien l’intention de demander à la prochaine voiture qui s’arrête si nous pouvons nous joindre à eux. Nous avons de la chance car la voiture suivante transporte justement un groupe que nous avions rencontré la veille à Puente de Dios. Ils acceptent avec plaisir de partager la lancha avec nous. Leur guide, Jorge, nous accueille chaleureusement dans le groupe et commence à tout organiser. Nous demandons à Ernesto de garder nos affaires qui ne vont pas dans l’eau. Puis nous prenons un gilet de sauvetage, une pagaie et allons nous asseoir dans la lancha.

Tamul lancha
Juste avant de commencer à pagayer avec notre groupe d’adoption ! Photo offerte par Jorge Morquecho.

Sous la supervision de notre guide Jorge et du propriétaire de la lancha, Eusebio, nous commençons tous à pagayer plus ou moins efficacement. Tout en rigolant avec Jorge et Eusebio, nous pagayons sur une eau d’un turquoise encore plus prononcé que tout ce que nous avons vu les jours précédents. Le jeu habituel sur cette rivière étant d’éclabousser toutes les lanchas que nous croisons, nous nous retrouvons vite complètement trempés. Après plus d’une heure à pagayer, nous arrivons à une énorme cascade. Tous ces efforts en valaient la peine car la vue est magnifique.

Tamul cascades
On ne peut pas aller plus près des cascades. La vue est spectaculaire et, comme souvent, le voyage est aussi chouette que la destination.

Sur le chemin du retour, nous avons juste à nous laisser porter par la rivière. De temps en temps, nous sautons dans l’eau et nous nous laissons flotter dans les rapides. L’eau est froide, mais c’est bien plus amusant de se laisser flotter que de rester sur la lancha. Au bout d’un moment, nous arrêtons la lancha et marchons jusqu’à une caverne avec un lac dedans. Ici, la température de l’eau a quelques degrés de plus que la rivière. C’est parfait pour se réchauffer. Finalement, après près de trois heures d’excursion, nous retournons à notre taxi. Le moment arrive de dire au revoir à nos nouveaux amis. Nous avons passé un agréable moment avec eux. Ils nous ont même fait goûter le Doriloco : un paquet de Doritos ouvert en deux avec plein de sauce, d’épices, de mais et de fromage. C’était assez inattendu mais pas mauvais.

Jour 4 : une journée surréaliste

Pour notre dernière journée dans la région, nous prenons le bus pour Xilitla. Nous demandons au chauffeur de nous laisser à l’entrée du jardin surréaliste d’Edward James. En descendant du bus, nous voyons beaucoup de voitures sur le chemin et nous nous retrouvons devant une immense queue. Pendant les deux heures de queue, nous apprenons de nos voisins que c’est un long weekend au Mexique. Aussi beaucoup de Mexicains en profitent pour visiter la région. En attendant, nous goûtons le Zacahuil, une sorte de tamal géant. C’est un plat connu de la région qui nous avait été recommandé par Ernesto la veille.

Nous finissons finalement par entrer et trouvons un lieu surréaliste (d’où le nom). Il y a des colonnes partout, des escaliers qui ne mènent nulle part et toutes les constructions se mélangent parfaitement avec la nature environnante. La découverte du jardin est toute une exploration. À la fin, nous allons voir les pozas, des piscines naturelles, avant de nous mettre en marche pour la ville de Xilitla d’où nous prenons le bus de retour pour Ciudad Vallès.

Edwad James Huasteca Potosina
Un exemple de bâtiments insolites dans le jardin d’Edward James

Notre exploration de la Huasteca Potosine n’a duré que quatre jours car nous arrivons au terme de notre voyage et n’avons plus beaucoup de temps. Mais la région est vaste et il y a bien plus de cascades et de rivières à découvrir. Pour les casse-cou, il y a même la possibilité de faire des sports d’adrénaline.

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