Cinq choses à faire absolument à Medellin

Pour découvrir Medellin, nous avons fait appel à notre réseau. Lorsque nous vivions encore à Paris, nous avons proposé notre canapé-lit relativement confortable sur Couchsurfing . Nous avons eu la chance d’héberger un charmant couple colombien/anglais pendant quelques jours. Ils nous ont proposé de leur rendre la pareille si nous passions par Medellin. C’est ainsi que Medellin est devenue une étape obligatoire de notre voyage.

Après quelques mois de voyage, nous avons enfin eu l’occasion de découvrir la ville, en partie à travers leurs yeux, grâce à leur incroyable hospitalité.

Le métro de Medellin

Le métro est le moyen le plus pratique pour se déplacer dans la ville. Si vous avez l’habitude d’utiliser les transports en commun, vous risquez d’être surpris par la propreté des rames et la courtoisie des gens. Pour nous qui venions de Paris, c’était presque un choc !

Medellín depuis le sommet de la comuna 13
Medellin depuis le sommet de la Comuna 13, que l’on peut atteindre par le métro et des escalators.

Tout cela, et bien plus encore, s’appelle la « cultura metro ». Avant même l’ouverture du métro, à la fin des années 80, le gouvernement a lancé des campagnes de sensibilisation sur l’importance de ce système de transport. Au fil des années, plusieurs programmes de solidarité et de communauté se sont également développés autour des lignes de métro. Dans une ville qui voulait oublier la violence du passé, le métro a contribué à relier les gens et à les faire regarder vers l’avenir.

Nous ne sommes pas tout à fait sûrs de la manière dont le gouvernement a procédé, mais cela a fonctionné à merveille. Les habitants de la région ont adopté le métro : ils ont compris son importance et se le sont approprié. Ils y sont attachés, ils en sont fiers et le respectent.

Vu les résultats, ça ne serait pas une mauvaise chose d’exporter un tel programme dans beaucoup d’autres villes !

Botero

Fernando Botero, l’artiste reconnaissable à ses grandes figures exagérées, est l’un des citoyens les plus célèbres de Medellin. Même s’il n’y vit plus, il garde un lien fort avec la ville et la Colombie en général. Il a fait don de plusieurs statues et œuvres d’art à la ville et au musée d’Antioquia. Vingt-trois de ces grandes statues sont aujourd’hui visibles dans le centre-ville, sur la place qui fait face au musée, maintenant connue comme la Plaza Botero.

Plaza Botero - Medellin
Une des statues de la place Botero, devant le musée d’Antioquia.

Le musée vaut vraiment la peine d’être visité, surtout si vous n’avez pas vu le musée Botero à Bogotá. Il abrite également des œuvres de Pedro Nel Gómez, un autre artiste d’Antioquia (la région de Medellin). Il a fait partie du mouvement muraliste colombien, inspiré du mouvement mexicain, qui comprenait des artistes comme Diego Rivera. Les sujets de son art étaient alors essentiellement nationalistes, sociaux et politiques.

Visite de la Comuna 13

Comme nous sommes de grands fans de street art, nous ne pouvions pas faire l’impasse sur une visite de la comuna 13. Et quelle meilleure façon de l’explorer qu’avec un guide local. Nous avons participé à une autre visite gratuite (free tour), similaire à celles que nous avons eues à Santiago ou à Valparaiso, cette fois-ci avec zippy tour comuna 13.

Nous avons été franchement impressionnés : non seulement nous avons pu voir de fantastiques peintures murales, mais nous avons également pu découvrir l’histoire récente de la Colombie et de la Comuna. Les inégalités extrêmes du pays ont entraîné la formation de guérillas, au début uniquement dans les zones les plus rurales. Estimant que le gouvernement ne faisait pas assez pour mettre fin aux enlèvements et aux meurtres, les plus riches ont alors créé et financé des groupes paramilitaires.

Street art comuna 13 Medellin
Une des œuvres d’art que l’on trouve à chaque coin de rue dans la comuna 13 de Medellin.

Une partie des guérilleros a commencé à se déplacer vers les villes et a fini par prendre le contrôle de la Comuna, rendant impossible l’accès de la zone à la police. Après des années de combat, le président Uribe a lancé en 2002 l’opération Orion pour reprendre le contrôle de la région. Avec l’aide des paramilitaires et d’hélicoptères Apache, ils ont vaincu les milices, au prix de nombreuses victimes civiles. Le gouvernement a finalement laissé le contrôle aux paramilitaires qui ont parfois été plus brutaux que leurs prédécesseurs.

Bien qu’ils aient reçu l’ordre de partir, certains paramilitaires ont décidé de rester pour continuer à contrôler les trafics illégaux de la région. Plusieurs groupes ont alors divisé la Comuna avec des frontières invisibles. Mais, contrairement à ce qui se passait auparavant, ils ont compris qu’une Comuna sûre pourrait amener des touristes, et donc de l’argent, dont ils pourraient tirer profit. C’est pourquoi, aujourd’hui, on peut visiter le quartier en toute sécurité. On peut même s’y rendre seul : nous avons vu de nombreux touristes le faire.

En guise de protestation, d’évasion et de renouveau, des graffitis ont commencé à être réalisés dans toute la Comuna. Le gouvernement local, comprenant l’importance des fresques pour la communauté, a même fourni de la peinture gratuitement. Grands, petits, colorés, symboliques, il y a des dessins pour tous les goûts. Le street-art n’est pas le seul à avoir prospéré : le breakdance et le hip-hop sont également importants dans la région. La visite comprenait même un petit spectacle de danse donné par un groupe de danseurs locaux !

Street art comuna 13 - enfant
Tu peux également visiter des ateliers d’artistes et acheter des œuvres d’art directement auprès d’eux.

La Comuna se développe sur des collines escarpées, et monter au sommet offre un beau panorama sur Medellin. Les habitants devaient autrefois monter à pied, les rues étant trop petites et trop pentues pour les voitures, mais aujourd’hui, une série d’escalators te permet d’atteindre facilement (et rapidement) le sommet. Tout comme pour le métro, la mise en place de moyens de transport et de communication s’est traduite ici aussi par un renforcement du sentiment d’appartenance à la communauté. Parallèlement, la sécurité générale de la zone s’est aussi améliorée.

Parque Arví

Arvì est un grand parc situé à la frontière de la ville. On y accède facilement par le métro et un téléphérique qui traverse une forêt luxuriante. Une fois arrivé, plusieurs options s’offrent à toi : tu peux te promener dans une partie du parc, ou alors participer à des visites guidées pour découvrir la flore et la faune locales, à pied ou à vélo. Il y a également un parc d’attractions, comprenant une course d’obstacles et une tyrolienne. Parfait pour une journée ensoleillée immergée dans la nature !

Malheureusement pour nous, le temps n’était pas au beau fixe lorsque nous nous y sommes rendus. Nous avons eu la « chance » d’arriver dans l’un des mois de septembre les plus pluvieux de ces dernières années. Nous nous souvenons surtout qu’on ne pouvait s’assoir nulle part parce que tout était mouillé.

Jardin Botanique

Pour visiter le Jardin Botanico, nous avons également réservé une visite guidée. Nous sommes heureux d’avoir pris cette option car le guide était très passionné et même si ce n’était pas la meilleure saison pour voir de nombreuses plantes, il a su nous intéresser tout au long de la visite.

Une partie de la visite était assez similaire à d’autres jardins botaniques que nous avions déjà visités pendant le voyage, avec des magnifiques fleurs d’un côté et des plantes aromatiques avec beaucoup d’odeurs agréables de l’autre.

Mais ensuite, le guide nous a montré de nombreuses plantes totalement nouvelles pour nous. Nous avons vu par exemple une plante carnivore capable de piéger et de tuer des animaux entre ses lianes hérissées pour les « manger ». Mais la plante la plus impressionnante était le palmier marcheur. Ses racines sont principalement aériennes et les chaque nouvelle racine pousse en directions des zones éclairées par le soleil, ce qui permet au palmier de se déplacer. Cet arbre marcheur peut apparemment se déplacer de plusieurs centimètres chaque jour !

palmiers ambulants
Ces arbres ne seront peut-être pas au même endroit lorsque tu visiteras le jardin botanique !

Dans le jardin, il y a aussi quelques ruches. On y trouve des abeilles américaines, qui contrairement aux abeilles européennes, sont très petites et produisent très peu de miel. Elles ont aussi la particularité de ne pas piquer.

Une petite excursion à Guatapé

Si tu as le temps, ou si tu veux juste t’éloigner de la ville pour une journée, tu peux facilement te rendre en bus au petit village de Guatapé. Les maisons y sont très colorées, semblables à celles que nous avons vues à Salento. À la différence de ces dernières, elles sont également embellies par des zocalos, des bas-reliefs qui ornent la partie inférieure des murs extérieurs. Le propriétaire est libre de choisir le thème du zocalo. Nous en avons vu plusieurs, tous plus beaux les uns que les autres : fleurs, animaux, scène agricole… Nous n’arrivons pas décider laquelle nous avons préféré !

zocalos guatape
Les maisons colorées et les zocalos de Guatapé.

Même si nous avons beaucoup aimé les maisons colorées, la véritable attraction de Guatapé n’est pas vraiment le village, mais un rocher monolithique de 200 m de haut, sorti de nulle part et qui domine les environs. On peut monter au sommet en empruntant les 700 marches qui se trouvent sur son flanc. La vue depuis le sommet est à couper le souffle… quand il ne pleut pas ! Nous avons dû attendre que les nuages veuillent bien s’écarter un peu pour commencer à apercevoir le lac artificiel qui l’entoure.

Panorama depuis le sommet du rocher
Quand le ciel se dégage juste assez pour voir le magnifique panorama depuis le sommet du rocher.

Une curiosité : en arrivant, on peut apercevoir un grand « GI » peint sur le côté du rocher. Le rocher est en fait disputé entre deux municipalités (Guatapé et El Peñol). Un jour, les habitants de Guatapé ont commencé à écrire le nom de leur ville sur le côté, mais ils ont été rapidement arrêtés par leurs voisins. C’est ainsi qu’un « U » inachevé est devenu un « I ».

Notre semaine à Medellin

D’habitude, nous n’aimons pas passer trop de temps dans des villes aussi grandes que Medellin. Nous préférons nous promener dans la nature et profiter des grands espaces. Mais en restant avec des amis, l’expérience a été différente des autres villes que nous avions visitées jusqu’à présent. Nous avons même appris à cuisiner le fameux patacon, une banane plantain aplatie que l’on fait frire. Comme l’un d’entre eux enseignait le yoga, nous avons également eu droit à notre tout premier cours de yoga ! En somme, nous n’avons pas vu le temps passer pendant notre séjour.

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